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Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 10:36
par Jean Fourcade
dechab a écrit : 26 août 2026, 12:04 Je me pose (entre autre) des questions sur les traitements acoustiques.
Je """surveille""" par ex. ce fil (et d'autres) pour voir les questions/ solutions proposées dès à présent + celles à venir.

J'ai relevé par ex. sur un autre fil (propos de l'Indien) qu'un local trop amorti ne serait pas bon à son goût
C'est le genre de question "de fond" qui selon moi se pose dès lors que qqu'un comme Aspicon part de zéro et conçoit un local dédié musique sans les contraintes typiques de l'aménagement d'un local déjà existant et qu'on veut améliorer (ce qui est mon cas).
Partir "de zéro" permet toutes les options (il faut tenir compte du coût) mais ce n'est pas 10 ou 20 cm d'épaisseur d'absorbant en + ou en - sur "x" surface qui changera de beaucoup le coût total ?
Je trouve que le fait de dire "trop amorti n'est pas bon" est contre intuitif, dans le sens où toutes les "réflexions + le champ diffus" sont des colorations - des distorsions acoustiques en fait - et sont donc propres au local.
Ces colorations me semblent à priori néfastes pour respecter ce qui est propre à l'adn singulier de chaque message sonore.
Bonjour à tous,

J’ai déplacé ce post dans un nouveau fil afin de ne pas diverger du sujet dont il est issu. Les questions posées sont pertinentes et beaucoup d’audiophiles se les posent.

Elles ont déjà été abordées dans plusieurs fils de ce forum, mais on peut essayer d’y répondre ici sous la forme d’une synthèse des différents arguments qui y ont été développés.

Je me place dans les hypothèses de l’auteur de ce post : une salle dédiée, dans laquelle toutes les options de traitement acoustique sont possibles. De plus, au vu de son système, présenté sur un autre forum ( :charte ), je comprends qu’il s’agit d’une approche audiophile et non orientée home cinéma.

Peut-on trop amortir une salle ?

La question fondamentale est donc : « Peut-on trop amortir ? »

Avant d’y répondre, il faut évidemment définir ce que signifie « trop amortir ».

Dans une première approche, on pourrait corréler cette notion au temps de réverbération d’une salle de volume donné. Il existe d’ailleurs des recommandations qui donnent des valeurs de temps de réverbération en fonction du volume, avec des bornes minimales et maximales. Descendre en dessous de la valeur minimale reviendrait alors, selon cette approche, à trop amortir la salle.

Une analyse plus fine montre cependant que ces recommandations ne répondent pas réellement au problème, pour deux raisons.

La première est que la distance critique est probablement un critère plus pertinent. Celle-ci dépend à la fois du temps de réverbération et de la directivité de la source.

La seconde, plus fondamentale, est que dans un local dédié, nécessairement plus absorbant qu’une pièce de vie, la notion même de temps de réverbération devient beaucoup moins pertinente.

En effet, lorsque le nombre de réflexions est très faible, les conditions nécessaires à l’établissement d’un véritable champ réverbéré ne sont plus réunies. La notion de temps de réverbération suppose implicitement que la valeur mesurée caractérise globalement la pièce, et donc qu’elle constitue une sorte de moyenne spatiale.

Or, dans une salle dédiée fortement traitée, le temps de décroissance (decay) peut varier considérablement selon la position de la source et celle de l’auditeur. Il n’est donc plus réellement une caractéristique intrinsèque et uniforme de la pièce.

Et, à mon sens, il n'a surtout pas intérêt à l'être.

Si le temps de réverbération ne permet pas, à lui seul, de définir ce qu’est une pièce « trop amortie », comment peut-on alors définir cette notion ?

Le malaise de la chambre anéchoïque

Une autre approche pourrait consister à se baser sur le confort de l’auditeur dans la pièce.

Nous connaissons tous, même sans avoir nécessairement fait l’expérience nous-mêmes, le malaise que peuvent ressentir certaines personnes lorsqu’elles pénètrent dans une chambre anéchoïque.

C’est d’ailleurs l’un des premiers arguments avancés par les audiophiles qui ne souhaitent pas trop amortir leur salle.

Pourtant, cet argument est, à mon sens, trompeur.

Il faut ici faire intervenir la psychoacoustique pour comprendre ce qui se passe réellement.

Le malaise éprouvé dans une chambre anéchoïque ne provient pas uniquement de l’absence de réverbération. Il est en grande partie lié au conflit sensoriel créé par le contexte visuel.

Pour s’en convaincre, on peut imaginer une situation différente : dehors, à la campagne, par une nuit très calme, dans un vaste champ, la réverbération est elle aussi extrêmement faible. Pourtant, on ne ressent généralement pas ce même malaise.

Dans une chambre anéchoïque, en revanche, on voit des murs, un plafond et un sol relativement proches. Notre système perceptif s’attend donc naturellement à entendre les réflexions acoustiques correspondant à cet environnement.

Lorsque celles-ci sont totalement absentes, il existe un décalage entre ce que nous voyons et ce que nous entendons. Cette dissonance sensorielle peut alors être interprétée comme quelque chose d’anormal et provoquer une sensation d’inconfort ou d’oppression.

Supprimer les réflexions ?

Vous avez écrit :

« Toutes les "réflexions + le champ diffus" sont des colorations - des distorsions acoustiques en fait - et sont donc propres au local. »

Vous avez parfaitement raison sur le principe. Allons même plus loin, dans un premier temps, en considérant que ces réflexions sont indésirables et qu’il faudrait donc toutes les supprimer.

On voit alors se dessiner un traitement acoustique assez particulier : absorber autant que possible les réflexions produites par les enceintes tout en conservant, du point de vue de l’auditeur, suffisamment de surfaces diffusantes pour renvoyer les sons produits dans la pièce elle-même — voix, mouvements, etc.

L’objectif est notamment d’éviter que l'environnement acoustique paraisse totalement anormal à l'auditeur.

C’est le concept développé par Thomas Jouanjean avec la notion de salle FTB, dont vous trouverez des explications complémentaires dans ce lien : Northward Acoustic

Ce type de salle ne donne pas une impression de salle « morte » et le qualificatif de "trop absorbante" n'a pas lieu d'être employé, même si elle est évidemment beaucoup plus absorbante qu’une pièce de vie classique.

Pourtant, le temps de décroissance mesuré au point d’écoute avec le système de reproduction peut être extrêmement faible, et très, très inférieur aux recommandations évoquées précédemment.

Les réflexions sont-elles réellement néfastes ?

Revenons sur l’hypothèse de départ : toutes les réflexions sont-elles néfastes et faut-il chercher à les supprimer ?

Ce sujet est régulièrement abordé et discuté. C’est ici que l’on peut notamment citer les travaux de Floyd Toole lorsqu’il travaillait chez Harman.

Toole a montré que certaines réflexions, notamment les réflexions latérales précoces, peuvent contribuer à augmenter la largeur apparente de la source sonore et à donner une sensation d’enveloppement.

Dans ces conditions, on entend bien l’enregistrement, mais on y ajoute les micro-réflexions latérales contrôlées de la pièce. Le résultat peut alors être perçu comme plus large et plus enveloppant.

Il faut cependant distinguer deux choses : ces réflexions constituent bien une modification du signal original, mais cette modification peut être interprétée par notre système perceptif comme une amélioration du plaisir d’écoute.

Si ces réflexions enrichissent la sensation d’espace, ne sont-elles donc pas nécessaires ? Ne tendent-elles pas finalement vers ce que l’on pourrait appeler « un meilleur son » ?

Encore faut-il définir ce qu’est un « meilleur son ».

Les réflexions sont-elles nécessaires à la stéréo ?

C’est, à mon avis, sur leur caractère nécessaire que les partisans des réflexions se trompent.

Le mixage peut parfaitement créer une image stéréo très large sans avoir besoin des réflexions de la pièce.

Les techniques utilisées lors du mixage — panoramique, différences de niveau et de phase, délais, réverbérations, etc. — permettent de construire une image sonore extrêmement large et profonde sans que la pièce ait besoin de l’élargir artificiellement.

Dans une salle de type FTB, si le mixage produit une scène étroite, on la perçoit comme telle. Si le mixage produit une scène très large, on peut percevoir une image qui dépasse largement la distance physique séparant les deux enceintes.

Dans une pièce avec des réflexions, ces réflexions produites par la pièce sont, elles, relativement indépendantes du contenu du mixage. Elles imposent donc en quelque sorte leur propre contribution à la largeur apparente de l'image.

Il y a d’ailleurs un problème plus général : les ingénieurs du son doivent concevoir leurs mixages pour être compatibles avec une très grande diversité de systèmes d’écoute, allant de l’enceinte Bluetooth au système stéréo très performant installé dans une salle fortement amortie, en passant par la chaîne hi-fi classique installée dans une pièce de vie.

Un mixage présentant une scène stéréo extrêmement large, donnant une reproduction très précise et très étendue dans une salle de type FTB, pourra ainsi devenir beaucoup plus confus dans une pièce présentant des réflexions précoces pourtant salutaires pour l'image stéréo.

Et dans votre cas ?

Pour revenir plus concrètement à votre situation, compte tenu de la qualité déjà élevée de votre système, je pense que la première étape consiste à le caractériser précisément par la mesure, à la fois au niveau des enceintes et de l’acoustique de la pièce.

Je vois que vous commencez à utiliser REW : c’est exactement la bonne démarche.

Des mesures suffisamment complètes — réponse en fréquence, décroissance temporelle, réflexions, réponse des enceintes, etc. — devraient permettre d’identifier les éventuels points perfectibles.

À partir de là, il sera beaucoup plus facile de déterminer quels traitements sont réellement utiles et lesquels risquent au contraire d’être contre-productifs.

Cordialement
Jean

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 11:30
par JIM
Bonjour Jean,

Sans réflexions, le problème n'est pas vraiment la largeur de la scène mais la sensation de profondeur ou d'enveloppement.
L'enregistrement stéréo ne contient pas cette information en fait contrairement au multicanal.
Le papier de Harmann issu des travaux de Toole donne une bonne représentation du ressenti.

Sans réflexion, la scène est totalement plate et collée aux enceintes. La focalisation est poussée à l'excès ce qui donne à certains son, des dimensions peu crédible. Trop étroit.
Ce comportement va plutôt bien à certains films d'ailleurs car on ressent alors fortement le basculement entre les dialogues à l'avant et les effets d'enveloppement quand les surrounds sont utilisées.

Je ne l'ai ressenti que chez moi au tout début de la réalisation de la salle ou j'avais éviter au maximum les premières réflexions. Comme tu le sais, j'en suis revenu.
Dans ce cas, un peu comme au casque (cas extrême), il faudrait un triangle d'écoute largement plus ouvert pour augmenter la sensation d'enveloppement.

Il me tarde d'avoir ton ressenti à ce sujet quand tu commenceras les écoutes avec ton futur traitement.
Le traitement de ton mur avant (non absorbant ?) pourrait changer la donne par rapport à mon expérience.

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 13:29
par Indien
Même expérience que JIM chez moi ou l’ajout de la diffusion a apporté un plus considérable sur l’enveloppe et la largeur globale.

Les réflexions sont nuisibles si elles fusionnent avec le champ direct (règles basiques minimales du 10dB d’atténuation et 10mS de retard des premières réflexions au PE à DC)

C’est là où ça se complique si on veut viser cette cible assez bas en fréquence, ça demande un traitement proportionnellement plus lourd que la fréquence est basse et enceintes plus grandes pour maintenir bas en fréquence une directivité certaine, le montage en InWall a le mérite de limiter à 180 degrés ce qui me semble la base.

Je pense que la bonne solution c’est de tout absorber puis de régler le TR avec de la diffusion par dessus à la mesure puis à l’écoute

La réverbération active par rajouts d’enceintes peut être intéressante, elle permet de faire varier le TR à l’écoute en fonction du type de morceaux

Mais bon là on parle de conception de salles dédiées no limite sur mesure

Dans son salon c’est une autre histoire et se concentrer sur les premières réflexions me semble la base, le plafond dans un salon est un bon endroit pour ajouter du traitement (faux plafond avec plénum)

Chacun fait comme il peut et aujourd’hui les couleurs des tissus tendus permettent de couvrir des murs entiers rendant les traitements invisibles

Évidement un pro équipé d’un soft de prédiction permet de gagner du temps sur ces compromis si un haut niveau est recherché

Comme le précise Jean, la directivité des enceintes est l’Allié le plus simple à se mettre dans la poche pour limiter les premières réflexions, le souci c’est la taille des enceintes nécessaires pour maintenir bas en fréquence cette directivité et faire en sorte qu’elle soit linéaire sans rupture de DI / réponse en puissance

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 13:32
par Indien
Lors de mes essais et réglages de TR en finalisation à l’écoute, ce qui me surprends le plus c’est la précision nécessaire si le traitement est important

J’ai l’impression que plus le traitement est massif, plus les détails ou défauts d’absorption et de diffusions sont sensibles, ce qui est normal car les défauts sont isolés

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 13:38
par Dagda
Quid de l'écoute au casque ?

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 13:46
par Indien
Perso je ne supporte pas le casque qui bousille les fonctions de transferts (HRTF physiques)

Les oreilles et la tête doivent être dégagés pour que nos notre ouïe fonctionne à 100%

Chez moi je conseille d’enlever la casquette et de se tenir assez droit pour une meilleure expérience afin d’être 100% HRTF « on »

Une expérience assez simple de l’impact de nos HRTF à l’écoute est de placer ses mains derrière les oreilles pour les pavillonner

On comprends de suite l’hyper sensibilité du sujet au mm, notre cerveau s’est auto éduqué avec nos HRTF, y compris nos asymétries !!

Le mieux c’est de se rapprocher des enceintes si on veut écouter en Hi-fi un mix pour respecter simplement la DC, ça permet aussi de rentrer dans les clous sur les premières réflexions (par effet de masque)

Évidement si c’est une écoute d’ambiance un TR plus bas suffit, mais l’écoute d’ambiance peut-elle être qualifié de hautement fidèle ?
C’est un autre sujet sans doute

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 14:07
par Jean Fourcade
Merci de vos retours et de votre partage d'expérience.

J'ai beaucoup parcouru les forums récemment (notamment gearspace) et lu pas mal d'interventions de Thomas Jouanjean. De ces propos, je comprends que la sensation de profondeur ou d'enveloppement ne manque pas dans ses salles.  Il parle d'immersion dans la musique, de profondeur et de largeur saisissantes, tout en conservant une image fantôme centrale solide et bien définie et d'expérience en 3D.

Bon, en même temps, il vend son concept :D

La nature du mur avant, comme le souligne JIM, est peut-être un point de bascule que l'on pourra tester chez moi.

Concernant l'écoute au casque, c'est une écoute effectivement sans réflexion.  Mais, outre le problème des HRTF dont parle Jean-Marc, il y a absence de crossfeed naturelle (le fait que l'oreille droite entende aussi l'enceinte gauche). La scène sonore ne se projette pas devant nous, mais à l'intérieur de la tête ou sur une ligne droite entre les deux oreilles. Ce n'est pas le but recherché.

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 14:26
par Indien
Bonjour Jean, je ne pense pas qu’au casque, le fait d’avoir la musique dans la tête et non devant, soit le fait d’une absence de Cross Talk, il y a pas mal de softs qui simulent via HRTF le rajout ou la modification du signal et ne règlent finalement pas le souci

Pour moi le souci c’est de ne plus écouter avec l’entièreté des lobes d’oreilles, de sa tête, de son cou (de l’ensemble des HRTF)

Ça s’améliore avec la compensation HRTF complète, Apple est assez performant la dessus avec des HRTF génériques et il y a moyen de faire mieux encore avec des HRTF perso, mais de ce que j’ai essayé, le cerveau est malin et difficile à leurrer, il flaire l’arnaque à 100m !!! :lol: :lol:

Par contre sur un système d’écoute classique à DC (ou mieux en amont de DC) dans des conditions idéales, il est possible de jouer avec la largeur via modification / annulation du Cross Talk (appelé le Cross Talk Cancellation)

Dans le fauteuil audio j’élargi et modifie la sensation de perception des sources par mapping dans l’espace en injectant en opposition de phase dans le HP gauche le signal du HP droit, un retard et EQ non linéaire en FIR, reproduise la sensation d’une écoute vers les 3m

Ces données sont captées via micros intra par la différence de mesure entre des enceintes physiques à la position définitives (triangle de 80cm) à un triangle à 3m avec les mêmes enceintes

A ce jeu on peut simuler l’origine d’une source à peu près n’importe où dans l’espace, mais plus les filtres du CTC sont importants en temps et en RF, plus ils dégradent le son, c’est intrusif par l’effet de masque qu’il procure

En gros plus on mappe loin des sources d’origine, plus le son est dégradé, mais un petit élargissement est totalement inaudible

Par contre ça marche bien mieux qu’avec un casque car l’écoute se fait avec nos HRTF physique, pas de casque sur les oreilles

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 14:46
par JIM
Part 2 – Making a good loudspeaker -Imaging, space and great sound in rooms.
https://www.wghwoodworking.com/audio/Lo ... omsPt2.pdf

Fin de page 22 et page 23. Effet du traitement acoustique simplifié sur l'image stéréo.
En gris foncé, représente les sons en phase, la précision de la localisation et la taille minimale de "l'objet" sonore.
En gris clair, la sensation d'enveloppement.

Quand la zone grise foncé rejoint les 2 enceintes, il n'y a quasiment pas de stéréo, tout est flou.

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 14:52
par Aspicon
Bonjour à tous,

C'est clair que pour le casque, à part écouter des enregistrements spécifiquement mixés pour cet usage , c'est compliqué.
On en revient quand même à la base. Que veut -on obtenir ?
- Un type d'écoute particulier ? ou bien veut-on entendre le travail des artistes et des ingé son ? (ainsi que des luthiers pour les enregistrements acoustiques)

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 15:06
par JIM
Je ne peux que te conseiller de lire le livre de Philip Newell. Il y a aborde ces questions sur plusieurs pages, c'est passionnant.
Rien est normé en hifi ni en studio, il n'y a pas une vérité absolu.

Un des seuls points sur lequel il y a quand même consensus sur le forum, c'est la distance critique.
A cette distance, tu entends autant ce qui sort des enceintes (ce qui a été enregistré) que les réflexions provenant de la salle d'écoute.
Suivant les préférences, on peut préférer augmenter ou non la proportion de ce qui sort des enceintes.

Ecouter à DC, c'est déjà assez rare au final pour le commun des mortels.
Plus on s'approche ou on reste sous la DC (plus précis), moins les différences se font sentir entre systèmes.

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 15:09
par Indien
Merci JIM !
Bonjour Rémi
C’est clair que c’est compliqué au casque…

Normalement un bon système salle + enceintes doit reproduire ce qui est sur le disque, donc s’il n’est pas bon (pas assez ou trop de grave, PAN mal géré en terme d’effets, de centre et de largeur)

Comme le mix fait partie de l’œuvre, on apprécie ou pas.

L’autre solution c’est de modifier pour améliorer, la balance des graves par exemple, ou l’ampleur

La chacun fait comme il veut

Normalement le système est neutre, l’acoustique étudiée pour ne rien déformer.

Le plus fidèle reste souvent le plus agreable à l’écoute

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 15:13
par Indien
Je te rejoins JIM
Pour la DC, plus on s’éloigne et plus on écoute la salle, ça reste excellent si la salle est top en terme de linéarité / de TR et de linéarité du grave en fonction du changement de place / recul

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 15:17
par dechab
Aspicon a écrit : 27 août 2026, 14:52 Bonjour à tous,

C'est clair que pour le casque, à part écouter des enregistrements spécifiquement mixés pour cet usage , c'est compliqué.
On en revient quand même à la base. Que veut -on obtenir ?
- Un type d'écoute particulier ? ou bien veut-on entendre le travail des artistes et des ingé son ? (ainsi que des luthiers pour les enregistrements acoustiques)
"à part écouter des enregistrements spécifiquement mixés pour cet usage"

tout à fait :
Au casque l'oreille gauche n'entend pas ce qui arrive sur l'oreille droite, et inversement.
Un mixage
> fait "au casque pour le casque" (stéréo binaurale) proposera qqchose de très différent d'un
> mixage où on entend avec les 2 oreilles (stéréo trans-aurale) et où on entend ce qui vient de droite et de gauche avec un décalage temporel, + de phase, + avec une variation d'intensité (voir même une localisation des sources sonore)
Sans compter les réflexions et champs diffus...
Ça fait beaucoup de différences avec le "casque".

Ce dernier type de mixage (on entend avec les 2 oreilles/ stéréo trans-aurale)est ce qui est pratiqué dans 99,999% des musiques qu'on écoute en stéréo "classique" / trans-aurale.
Et c'est ce qui est fait par l'ingé son qui mixe dans une cabine avec des enceintes (et pas au caque)
Donc on retrouve avec des enceintes ce qu'il a voulu nous partager.

Il existe des amplis casques qui proposent de ré-injecter les signaux LR en les mixant dans les oreilles opposées pour recréer au casque qqchos de simili "trans-aural" : (matos de marque SPL... :smile )
https://www.woodbrass.com/amplificateur ... 60456.html

Je suis très faitgué par des essais de comprendre REW mais je peux revenir sur le sujet plus tard.

De la stéréo binaurale ... en voici :
Captations par tête artificielle de compositions multi points de mon voisin et ami JM duchenne (une expérience dans son "acousmonef" en 80 points et des poussières remet pas mal de chose en questions, et c'est un homme charmant).

Là vous aurez une réduction de compositions en 80 points en mixage pour casque par captation micros en config. "tête acoustique" se rapprochant de l'écoute naturelle humaine :
http://sonsdanslair.free.fr/ecouter.htm

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 16:20
par Indien
On a en vidéo des concerts et des films mixés en multicanaux, c’est aussi super immersif !!

Le souci c’est notre simple stéréo, format historique qui existe depuis 1965, dommage les mix modernes ne soient pas tous en multi canaux, on pourrait ne plus être totalement fixé en un petit point d’écoute( à cause de la disparition du centre / image centrale virtuelle créée par la sommation des sons perçus en phase), écouter à 2 de front ne serait pourtant pas un luxe…

Apple sur musique fait du upmix atmos, mais c’est vraiment par bon pour ceux que j’ai ecouté, je crois qu’il existe chez eux des mix natifs Atmos natifs mais ce n’est pas précisé pour l’instant il y a le logo Atmos, mais rien n’indique si c’est un upmix depuis de la stéréo ou si c’est natif…

Enfin on est contrait depuis faire avec ce que l’on a et comme bien des disques que l’on aime sont anciens, on doit continuer à optimiser pour seulement 2 canaux stéréo

Bien placé au centre en face d’une bonne installation dans une bonne salle, ça reste néanmoins excellent

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 16:40
par Jean Fourcade
JIM a écrit : 27 août 2026, 15:06 Ecouter à DC, c'est déjà assez rare au final pour le commun des mortels.
Je partage cet avis et écouter franchement en dessous de la DC, c'est encore plus rare.

Dans ce lien ou Thomas répond à la question "Why the dislike for a "dead" room?", il va jusqu'à accuser le milieu académique :) : Why the dislike for a "dead" room?

Extrait :
"Il n'y a aucun problème avec la science, et il y a un consensus clair lorsqu'il s'agit d'espaces d'écoute critique. La HiFi : ils veulent de la coloration et n'ont probablement jamais fait l'expérience d'une pièce professionnelle, et la plupart des sujets de leurs tests non plus. Certains enseignants et auteurs célèbres en acoustique ont eux-mêmes très peu, voire aucune expérience d'écoute active dans un environnement pro – bien que leur travail soit souvent très intéressant, ce fossé est trop souvent un problème dans le monde académique et peut les amener à poser les mauvaises questions. J'en ai été moi-même le témoin direct. Des universitaires de renom déclarant qu'ils n'avaient "jamais entendu ou expérimenté quelque chose de semblable auparavant".

Il y a probablement moins de cinq cents personnes sur la planète aujourd'hui qui ont accès de manière régulière à des environnements de haut niveau.

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 16:44
par Patrick-HC
top le fil,

bon, au debut je voulais répondre sur le binaural , HRTF :D

Perso je pense que le TR global c'est un faux ami dès qu'on parle d'une salle dediee bien traitée, y'a plus vraiment de champ diffus etabli donc chercher à coller à une fourchette normée pour le volume, ça n a plus grand sens. Ce qui compte c'est ce qui se passe réellement au point d'ecoute

Sur Toole vs Jouanjean, je crois pas qu'il y ait vraiment débat en fait, c'est juste deux philosophies différentes. Toole décrit un effet reel des réflexions laterales

mais c'est un ajout de la pièce par dessus le mix. Jouanjean lui part du principe que le mix contient déjà tout ce que l'ingé son voulait, donc pourquoi la pièce viendrait en remettre une couche

Les 2 se défendent, ça dépend juste si tu veux entendre le disque tel quel ou une version augmentée

LA remarque d'Indien sur la précision je la trouve juste (si j'ai bien compris) , car plus t'amortis fort, plus le moindre défaut devient audible parce qu'y'a plus rien pour le noyer. Un traitement léger pardonne les erreurs, un traitement lourd en abso les expose direct.

Du coup plus tu pousses le traitement, plus t'as interet à avoir mesuré et modélisé sérieusement en amont, pas à l'oreille après coup

c'était le problème rencontré dans la première version du traitement accoustique du studio atmos...

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 16:59
par Indien
Tout à fait d’accord avec Les propos précédents de Jean et les tiens Patrick

La question est le rajout d’une reverb ou non.

Le mix est généralement fait pour une transferabilité permettant une écoute possible en dehors de salles pas tout à fait adaptées, est-ce la raison qui fait que la diffusion apporte un plus à l’écoute ?

Je n’en suis pas sûr…

C’est peut être que le son qui sort d’une paire d’enceinte est entendu comme tel et que l’humain au travers de son évolution au fils de milliers d’années, ne reconnaît pas cela comme quelque chose de naturel, ça n’existe pas historiquement dans la nature

Je pense donc que ça lui pose un problème et que l’ajout d’une reverb naturelle lui donne un meilleur sentiment de réalisme, enfin je suppose simplement

Chez moi sans diffusion, l’écoute paraît morte, ce n’est pas agréable

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 17:08
par Patrick-HC
sur le debat HRTF , la plupart des mixages qu'on écoute ne sont ni vraiment penses pour le casque ni vraiment binauraux au sens strict

c'est juste du panoramique fait pour être entendu avec deux oreilles depuis deux enceinte, sans aucune prise en compte de la tête de l'auditeur
Et c'est justement le fait d'écouter ce mixage là avec les deux oreilles en même temps, chacune entendant un peu les deux enceintes, qui recolle l'image devant nous. Au casque on supprime ce melange naturel sans jamais l'avoir compense, du coup l'image s'effondre dans la tete. C'est moins un problème de mixage inadapté au casque qu'une chaîne complètement différente que personne n a prévue a aucune étape.

Le système Crosstalk Cancelation , c'est exactement le principe utilisé dans les rares systemes qui essaient de reproduire ça sur enceintes. Le vrai piege technique, c'est que ça demande d'avoir la tete quasiment immobile au bon endroit, quelques cm suffisent à tout dégrader.

Et sur les HRTF perso : les études montrent que le vrai gain se joue surtout sur la confusion avant arrière et l elevation, beaucoup moins sur le gauche droite ou les HRTF generiques s'en sortent déjà pas mal. C'est probablement là que ça décroche le plus facilement avec un profil non individualisé , et bien le prob quand on mix en atmos (et qu'on doit aussi avoir un bon binaural) .... faut adapter

Re: Peut-on trop amortir une salle ?

Posté : 27 août 2026, 17:41
par Dagda
Intéressant ce fil surtout sur la manière d'écouter finalement.

Personnellement, j'écoute énormément au casque (intra et casque "classique") et j'ai finalement 3 systèmes en fixe et la voiture et l'enceinte bluetooth ... Bref, beaucoup de manière d'écouter de la musique.

Il y a toujours de la musique qui tourne chez moi, au boulot j'écoute au casque ... donc beaucoup d'écoute.

Je n'ai pas une salle dédiée et le gros système a son point d'écoute pas optimum.
Cependant, je prend toujours plaisir à écouter de la musique, peu importe le système. Le casque ne me pose aucun problème.
Par contre, un mauvais enregistrement me fait sortir de la musique et je change de morceau.

Donc, on a vraiment tous une approche de la musique différente.
Après je ne dis pas que l'expérience d'une salle traitée soit déplaisant, au contraire, mais je doute fortement que les ingés sont réalisant les master se prennent autant le citron pour les enregistrements (en dehors de deux trois mecs qui veulent faire un truc artistique ou particulier). Non ?

D.