Fledermaus a écrit : ↑01 janv. 2026, 16:58
Je laisse ça là à tout hasard : à propos de la distorsion caractéristique des systèmes cardio passifs en début de bande, une explication par un gars d'Ascilab selon laquelle ce n'est pas qu'une question de boost en limite de CC acoustique mais un phénomène inhérent au principe, qui fait intervenir une distorsion par hysterésis (?? pas vu de la semaine - ça vous parle ?) génératrice d'harmoniques impairs :
https://www.audiosciencereview.com/foru ... st-2481868
Passive cardioid makes a lot of hysteresis distortion around bass range. It is not came from the woofer, but from the passive cardioid holes. The sound leaked from the hole has much higher odd harmonics than the produced sound from the woofer. That's the biggest difference compared to active cardioid design.
Il y a de gros problèmes dans cette affirmation, qui semble assez marketing car techniquement fausse.
Quand on booste, on fait mécaniquement remonter la distorsion car le boost augmente l’excursion et le courant, donc l’ensemble des non-linéarités du transducteur.
La distorsion par hystérèse concerne exclusivement le moteur du haut-parleur et le comportement magnétique du circuit. Elle apparaît parce que les pièces ferromagnétiques du circuit magnétique, comme le noyau et la plaque arrière, ne réagissent pas instantanément aux variations du courant dans la bobine. Lorsque le courant alternatif traverse la bobine, il induit un champ magnétique dans ces pièces, mais le flux magnétique qui en résulte dépend de l’état précédent du matériau : il conserve une « mémoire » de ses cycles passés. Ce phénomène est décrit par la courbe B-H, qui montre que la montée et la descente du flux ne suivent pas le même chemin. Ce décalage dans la réponse magnétique produit des harmoniques impaires dans le signal électrique, que l’on observe comme distorsion par hystérèse. Il est important de comprendre que cette distorsion est entièrement liée aux propriétés du moteur et au comportement magnétique du circuit : elle ne dépend ni du principe cardioïde, ni du fait que le système soit passif ou actif, et elle ne peut en aucun cas provenir des ports ou des volumes acoustiques, qui n’ont aucun matériau ferromagnétique et n’ont donc pas de mémoire magnétique.
Sur le papier les réseaux passifs d’un cardioïde peuvent créer de la distorsion aérodynamique ou turbulente, mais celle-ci est, surtout à nos fréquences en jeux (ce ne ne sont pas des event de sub), très faibles comparée à la distorsion intrinsèque du woofer et n’est en aucun cas de l’hystérèse.
Dans un cardioïde passif, l’onde avant et l’onde arrière proviennent du même haut-parleur. L’annulation acoustique s’applique donc au fondamental comme aux harmoniques. La distorsion générée par le HP suit le même chemin et est atténuée de la même manière tant que l’annulation est effective. Ce qui n'est pas le cas en cardio actif où les disto ne seront pas identiques (donc ne s'annulent pas)
si les HP sont différent.
Le cardioïde actif permet surtout de conserver un contrôle de phase et de niveau lorsque l’annulation acoustique passive devient moins efficace, on passe alors en mode woofer side-firing. En revanche, il ne change pas la limite physique de fond. À partir d’un certain point, l’annulation devient globale et il faut de toute façon s’appuyer sur une autre voie pour continuer à produire du niveau utile.
À très basses fréquences, autour de 200–300 Hz et en dessous, l’efficacité d’un cardioïde diminue naturellement. Les longueurs d’onde deviennent très grandes par rapport aux distances entre sources (dans le cas actif) ou aux chemins acoustiques internes (dans le cas passif), et l’alignement de phase nécessaire pour maintenir une directivité nette devient difficile. Résultat : le système tend à annuler quasiment tout, et la distinction avant/arrière s’efface. Ce comportement est documenté dans la littérature : D.B. Keele, “Low-Frequency Loudspeaker Assessment by Nearfield Sound-Pressure Measurement”, Journal of the Audio Engineering Society, vol. 44, no. 5, 1996 ; M. Ureda, “Directional Subwoofers”, AES Convention Paper, 2011.
Au final, que l’on parte sur un cardioïde passif complété par un woofer en dessous, ou sur un cardioïde actif avec des haut-parleurs latéraux, on aboutit à une logique comparable en termes d’architecture et de contraintes.
D’ailleurs, ce n’est pas une approche nouvelle. Prometeus avait déjà exploré ce principe par le passé et semble l’avoir abandonné, ce qui suggère que les gains pratiques ne sont pas aussi évidents qu’on pourrait le penser au premier abord.
Dans ce contexte, le fait que leurs premières mesures restent sensiblement en dessous (c'est moins propre) de ce que vous avez obtenu en DIY invite simplement à une lecture prudente des arguments avancées, mais pour un aspect compact ça peut etre interessant, s'ils arrivent à faire mieux que vos passif.
En pratique, on pourrait tout à fait conserver les fentes et utiliser un side-firing classique pour le côté compact. Cela reviendrait au même et pourrait même être paradoxalement meilleur, selon la manière dont c’est implémenté. La propreté du cardioïde ne dépend pas du fait qu’il soit actif ou passif, mais de l’implémentation. Plus le cardioïde est efficace, plus on perd de SPL dans le bas, c’est inévitable.
On peut ajuster progressivement le passage des voies actives en side-firing en phase, mais au final, le résultat serait comparable à l’usage d’un cardio passif woofer coupé en bas.