Voici un article de Fazenda, Stephenson et Goldberg publié en 2015, intitulé Perceptual thresholds for the effects of room modes as a function of modal decay.
L'objectif des auteurs est de déterminer à partir de quelle durée de décroissance un mode devient perceptible.
Pour répondre à cette question, ils ont réalisé des tests psychoacoustiques entre 32 Hz et 250 Hz, avec deux types de signaux : des stimuli artificiels et de la musique.
Le principe consiste à comparer un signal de référence avec un signal dans lequel une décroissance modale exponentielle de durée variable a été introduite. Une procédure de discrimination perceptive adaptative est utilisée afin de déterminer, pour chaque sujet et chaque fréquence, la durée minimale de décroissance permettant de détecter le phénomène.
La figure 7 de l'article rassemble les résultats et fait apparaître trois courbes correspondant aux deux types de stimuli (artificiel et musique). La courbe inférieure la plus basse est obtenu à partir de la borne précédente et représente la borne inférieure de l'intervalle de confiance à 95% ("golden ears").
On constate que les seuils diminuent fortement lorsque la fréquence augmente : on est de l'ordre de 0,7 s à 32 Hz, autour de 0,2 s à 63 Hz, et d'environ 0,12 s à 250 Hz, sur la courbe la plus basse.
Ces valeurs correspondent à la durée de décroissance d'un mode individuel et ne sont donc pas directement assimilables au TR60 mesuré dans une bande de fréquence. Il existe néanmoins évidemment un lien entre les deux grandeurs : lorsqu'un mode domine une bande de 1/3 d'octave, sa décroissance peut se retrouver dans le T60 mesuré dans cette bande.
Ce qui me paraît particulièrement intéressant est la valeur relativement faible de ces seuils. À 250 Hz, par exemple, une décroissance modale de l'ordre de 0,12 s devient déjà perceptible dans les conditions de l'expérience.
Cela me semble plutôt cohérent avec des salles de taille moyenne, dans lesquelles des temps de réverbération relativement courts, du même ordre de grandeur, peuvent être obtenus. En revanche, dans une grande salle, le libre parcours moyen est beaucoup plus important et il devient physiquement difficile d'obtenir des décroissances aussi courtes.
Qu'en pensez-vous ?