Bonjour,
Je ne sais pas trop où mettre ce sujet, mais comme il est plus important dans les pièces de vie que des les pièces traitées, je le place ici.
Il s'agit de l'égalisation DSP d'une installation stéréo.
Pour avoir une bonne courbe de réponse, il y a deux écoles : l'école académique (Floyd Toole) affirme que l'enceinte doit avoir une courbe de réponse plate quand on la mesure en conditions anéchoïques (chambre sourde, champ libre...). Si par la suite la pièce introduit des colorations mesurables au point d'écoute, il faut les laisser. Elles participent au naturel de la reproduction. De toutes façons, un instrument de musique placé à cet endroit aurait le même comportement.
Seuls les modes propres dans le grave devront être corrigés d'après ce qu'on mesure au point d'écoute.
Et il y a l'école pragmatique (les installateurs de systèmes) : on mesure la moyenne des réponses au point d'écoute (mesure mmm), et on applique une correction visant à atteindre une courbe cible adaptée à la pièce et cohérente avec la distance d'écoute et la directivité de l'enceinte.
Quand l'enceinte a une courbe power response parfaite, les deux se confondent. Une courbe plate anéchoïquement donnera une courbe régulière au point d'écoute.
Quand on écoute en proximité, ça marche aussi. Le son qui arrive au point d'écoute est dominé par la réponse anéchoïque de l'enceinte.
Mais dans le cas plus général d'une écoute à distance dans une pièce normale avec des enceintes normales, il y a un écart entre les deux méthodes. Laquelle est la meilleure ?
Je viens d'obtenir une bonne courbe à mon point d'écoute avec mes JBL 305P mkii, en réglant patiemment l'égalisation. J'ai également mesuré mes deux enceintes en anéchoïque avec la technique du fenêtrage (voir viewtopic.php?t=626).
Voici donc le résultat de mon réglage.
En bleu, la mesure MMM après correction, dans la zone de mon point d'écoute, les deux enceintes à la fois.
En jaune, j'ai calculé ce que donne la correction sur les mesures anéchoïque de mes enceintes gauche et droite et affiché le calcul A*B. Les courbes représentent le son qu'envoient mes deux enceintes dans l'axe. C'est ce qu'on appelle le "direct". Le premier front d'onde qui arrive à mes oreille.
La bleue représente le tout : direct et diffus.
Le direct est difficile à mesurer dans le grave, c'est pour ça que la courbe est incomplète. La chute dans le bas-médium est voulue. Ma pièce a des résonances à cet endroit qui compensent.
On voit que les courbes anéchoïques jaunes ne sont pas plates. Elles ne respectent pas le principe de Floyd Toole.
Or à l'écoute, c'est très bon, mais sur certains enregistrements, il me semble qu'il y a trop de médium. Les voix sont agressives.
J'ai alors décidé de corriger les pics à 1600 Hz en ajoutant une seconde correction sur la première. J'ai ignoré les bosses dans l'extrême aigu car ce sont des mesures pile dans l'axe et je n'écoute pas pile dans l'axe des tweeters. Et puis ma mesure MMM n'est pas bonne non plus à ces fréquences car le micro est partiellement masqué par l'écran de l'ordinateur pendant le balayage (mais pas mes oreilles quand je suis au point d'écoute).
J'obtiens alors le résultat suivant :
La dureté sur les voix a disparu. La courbe de réponse du champ direct est meilleure.
Mais la mesure MMM au point d'écoute montre maintenant un creux à 1600 Hz.
Et à l'écoute, a première vue, le son est un peu aseptisé. Les voix manquent de chaleur et sont un peu en retrait.
Il n'est pas possible d'obtenir, avec ces enceintes, un résultat qui soit parfait à la fois en anéchoïque et en MMM. Cette caractéristique d'une enceinte à avoir un direct différent du diffus se mesure avec la courbe dite "Directivity Index". Elle figure en bas des mesures "spinorama". Voici celle de mes JBL 305P mkii, mesurées par Erin's Audio Corner :
La bosse vers 1600 Hz représente l'incapacité de l'enceinte à avoir une réponse plate à la fois dans l'axe en anéchoïque et dans une pièce au point d'écoute.
Alors quelle correction choisir ? Je vais écouter un peu les deux options dans la durée.