GOULAS a écrit : ↑10 févr. 2026, 08:02
J'ai lu qu'on reprochait au JMLC leur directivité marquée dans l'aigu qui reste "au fond du pavillon". Cette remarque vous semble justifiée? Le pavillon CD est moins directif dans l'aigu?
Si vous accordez une importance aux distorsions harmoniques, j'ai lu aussi que les graves de 38 ou 46cm font mieux que les compressions 3 pouces. Qu'en pensez-vous?
Enfin si j'observe votre "logo", alors je conclus que vous préconiseriez plutôt le grave pavillonné? Quelles en seraient les raisons?
Bonjour Olivier,
L’idée de « l’aigu au fond du pavillon » relève souvent davantage d’un discours d’audiophile que d’une réalité clairement définie. Encore faudrait-il préciser ce que l’on entend par là (sans jeu de mots…). La réalité physique, comme l’a rappelé Jean-Marc, concerne surtout l’évolution du rapport champ direct / champ réverbéré.
Les pavillons dits CD ne le sont pas réellement jusqu’à 20 kHz. En pratique, c’est surtout en dessous d’environ 8 kHz que les différences deviennent significatives et audibles.
Concernant la comparaison de distorsion entre une chambre de compression et un haut-parleur à cône (chargé en pavillon ou non), il est difficile de tirer des conclusions générales. Tout dépend fortement de la bande de fréquence considérée et du niveau SPL recherché.
Si l’objectif est de produire 135 dB à 200 Hz, la compression n’est clairement pas la bonne solution. En revanche, à 115 dB autour de 300 Hz, la problématique est tout autre.
Pour donner un ordre de grandeur, en usage domestique, certaines compressions peuvent être exploitées jusqu’à environ 250 Hz avec un pavillon adapté, à condition que la compression elle-même soit conçue pour descendre suffisamment bas. Les modèles réellement capables de le faire sont rares. En dehors de solutions très ésotériques (Goto, Onken…), l’une des rares options accessibles reste la Lamar, clone de la WE555, proposée à un tarif raisonnable avec d’excellentes performances.
Si vous passez dans le Sud-Ouest, je vous recommande vivement une écoute de cette compression en large bande sur un pavillon WE15A chez foecouter : l’expérience vaut le détour — même l’Indien en est resté surpris
De manière plus générale, je suis plutôt favorable aux pavillons. Leur contrôle de directivité, qui permet de réduire l’énergie diffusée vers les parois latérales et donc d’optimiser le rapport direct/réverbéré, est un avantage bien établi.
Bien sûr, plus on descend en fréquence, plus la directivité ne joue pas et plus la surface de bouche nécessaire augmente, ce qui limite les applications pratiques de grands pavillons dans un cadre domestique.
Cela dit, la directivité n’est pas le seul paramètre en jeu : l’impédance de bouche, la surface rayonnée et les conditions de couplage à l’air interviennent également, même si ces aspects sont plus difficilement prouvés par des mesures ou des calculs précis.
Enfin, d’un point de vue strictement scientifique, lorsqu’on analyse les différences fondamentales de fonctionnement entre un haut-parleur à cône et un haut-parleur à pavillon, il faut bien comprendre que le haut-parleur à cône est une aberration.

Le haut-parleur à cône, avec son faible rendement, pose une question presque provocatrice : accepterait-on dans une voiture un moteur affichant 2 % de rendement ?
Cdl
Jean