Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
J’ai déjà eu l’occasion d’apprécier le système d’Igor Kirkwood, ingénieur du son connu pour ses enregistrements de musique classique réalisés avec deux micros et sans aucun traitement.
Son système est optimisé par Jean-Luc Ohl et installé dans une pièce entièrement traitée acoustiquement, dans une maison qui fait partie d’un ensemble résidentiel avec d’autres maisons identiques à la sienne.
Avec Bruno, un voisin également passionné de son, ils ont fait une expérience : écouter la même enceinte dans le salon traité d’Igor, et dans le salon, identique mais non traité, de Bruno. Le résultat fut tellement étonnant qu’Igor m’a invité à venir faire l’expérience.
C’est une occasion exceptionnelle de pouvoir comparer directement deux pièces identiques, de même construction et de même forme (toutes les maisons de la rue sont identiques), une traitée et une non traitée.
Les enceintes d’Igor et de Bruno étant très difficiles à transporter, j’ai proposé d’apporter une Neumann KH-120, un moniteur de studio de proximité, exemplaire de neutralité. Je n’ai pas pu en amener deux avec moi dans le train. Les écoutes se feront donc en mono sur un seul moniteur.
La pièce et son traitement
La pièce fait environ 30 m² pour une hauteur sous plafond en pente qui varie, à gauche de 4,95 mètres et à droite de 5,22 mètres. cela donne un volume de 150 mètres cube.
La distance auditeur/enceinte est de 2.3 à 3 mètres.
Chez Igor, le traitement acoustique consiste en laine de roche + tissu et molleton sur tous les murs.
Epaisseur de 5 cm mur escalier
Epaisseur de 10 cm entre les poutres
Epaisseur de 5 cm murs arrière des enceintes
Epaisseur de 10cm sous le plancher mezzanine
Rideau de 18 Kg (2x 9 Kg) disposé devant la baie vitrés face aux enceintes
Plancher en bois flottant sur mousse 7 mm, 3 tapis et moquette sous tapis
Chez Bruno il y a seulement un tapis, et un rideau plus léger en face des enceintes.
Ecoute en mono chez Igor – salle traitée
Je connais bien la KH-120, puisque je l’ai utilisée dans mon propre salon (très différent de ceux d’Igor et de Bruno).
On écoute donc en mono avec uniquement l'enceinte de gauche, où elle sera plus à l’aise qu’à droite contre la porte vitrée. On note scrupuleusement l’emplacement de l’enceinte pour pouvoir la mettre exactement au même endroit dans le salon de Bruno : 90 cm du mur du fond (derrière l'enceinte), 120 cm du mur de gauche. Point d'écoute à 260 cm du mur de devant (derrière l'enceinte), 275 cm du mur de gauche.
Après avoir écouté quelques morceaux que je connais bien, ainsi que des prises de son acoustiques, dont le Graduel d’Aliénor de Bretagne par Vox Clamantis, enregistré par Igor lui-même, ma première impression est que malgré le traitement, les murs de la pièce imposent la réponse dans le grave, qui est monocorde (registre 75 Hz en avant ?).
Je trouve aussi un manque de chaleur dans le son (registre 500 Hz en retrait ?).
On note une forte localisation de l’enceinte, qui sonne très « mono ». Le son semble bien venir d’une source ponctuelle.
Il y a également une nette différence selon qu’on est exactement dans l’axe, quand l’enceinte est pincée vers nous, ou en dehors de l’axe, avec l’enceinte un peu plus parallèle au mur. Mais sans préférence particulière pour moi entre les deux orientations.
Je passe à deux morceaux test que j’ai préparés pour mettre l’acoustique à l’épreuve.
Blue Planet Corporation – Intrigue (passage de 3:20 à 4:00, les deux canaux downmixés en mono). Son électroniques très secs, très rapides joués en staccato. Au casque, c’est un foisonnement de détails. Dans une pièce comme mon salon, non traité, c’est une bouillie sonore indistincte.
Dans la pièce traitée d’Igor, c’est aussi clair qu’au casque !
Kraftwerk - The Mix - Computerliebe, le passage de 1:00 à 1:07, que j'appelle la "montée des castagnettes". Au casque, on entend un effet de réverbération ajouté d’un seul coup à la fin. Dans mon salon non traité, on n’entend pas du tout cet effet. Le traitement d’Igor est-il suffisant pour le rendre perceptible à nouveau ? Eh bien oui. C’est assez clair.
Je suis bluffé. En passant d’un RT60 de 0,45 chez moi à 0,2 chez Igor, j’ai l’impression que la clarté et l’articulation y gagnent énormément. Les chiffres montrent un TR divisé par deux. A l’écoute il a l’air divisé par 10.
Ecoute mono chez Bruno – même salle non traitée
En entrant dans la pièce, l’acoustique y est immédiatement différente en raison de l’absence de traitement. Nos voix résonnent sous le plafond haut, avec une coloration chaude dans le bas médium.
L’enceinte y est placé exactement au même endroit que chez Igor, on avance le divan pour écouter aussi depuis le même endroit.
Le son de l’enceinte est plus chaleureux. Il n’y a pas ce manque à 500 Hz que j’avais noté chez Igor. Par contre le grave me semble encore plus monocorde. D’ailleurs, dans les deux cas nous avons placé le bass trim du moniteur Neumann à -2,5 dB pour baisser un peu le grave.
L’articulation du message sonore est moins bonne. Les instruments sont entassés les uns sur les autres dans un certain fouillis. Ce n’est toutefois pas si catastrophique qu’on peut le lire parfois au sujet des pièces non traitées.
Mon morceau test Blue Planet Corporation ne passe pas, comme je le prévoyais. Les notes roulent les unes sur les autres dans un flot continu au lieu d’arriver une par une « en mitraillette ».
Mais pour Kraftwerk, j’entends tout de même un peu l’effet de réverb ajouté dans l’enregistrement. Dison que j’arrive à détecter à quel moment il se déclenche.
Réécoute chez Igor, même salle avec traitement
J.S.Bach, messe en si, par la Netherlands Bach Society (de 19:43 à 20:50) : https://youtu.be/3FLbiDrn8IE?si=KPP4Bh1Y6IFUfkig&t=1183
Liu Xing, Reminiscences of Yunnan, par le Hsinchu City Youth Chinese Orchestra (de 8:08 à 10:33) : https://youtu.be/p1wVOyJus_E?si=X4tZO0eKkLFK-vF3&t=488
Sur ces ensembles orchestraux (toujours en mono avec une seule enceinte), le traitement apporte un étagement des registres de l’orchestre. On entend distinctement les cordes et les cuivres, on entend séparément les voix et les cordes.
Sans traitement, chez Bruno, l’orchestre apparaissait plutôt comme un bloc, une masse sonore. Assez belle, particulièrement grâce à la neutralité de l’enceinte Neumann, mais sans texture. Les cordes n’étaient pas frottées, le timbre des instruments à anche passait inaperçu.
Mesures et interprétation
Mesure du temps de réverbération avec un sweep joué par la Neumann, enregistré avec micro Umik-1 au point d’écoute.
Sans traitement :
Avec traitement :
La courbe verte « Topt » est l’estimation du temps de réverbération de la pièce par REW. Il est propre à la pièce et ne dépend pas de l’enceinte ou de la distance de mesure.
La courbe bleu clair est l’Early Decay Time. Il représente la capacité à détacher les notes les unes des autres. Il dépend de la distance de mesure. Plus on est près de l’enceinte, plus il est bas, car le son direct est de plus en plus dominant.
Le Topt (=RT60 estimé) passe de 0,5 à 0,2 secondes, et il devient constant de 300 Hz à 10 kHz
La remontée à 50 Hz se produit dans toutes les pièces.
On voit que le traitement fait beaucoup baisser le RT et l’EDT.
Il s’ensuit un son plus détaillé et articulé, avec moins de réverbération.
Mesure Micro Mobile
Sans traitement :
Avec traitement :
A comparer avec la mesure anéchoïque du moniteur Neumann
Source : https://www.spinorama.org/speakers/Neum ... ippel.html
Cette mesure montre beaucoup de choses :
• Le traitement a résolu les problèmes de courbe de réponse de 80 Hz à 600 Hz. Le creux entre 80 et 250 Hz est remonté, et la bosse de 250 à 600 Hz est neutralisée.
• Le traitement n’a pas eu d’effet sur la bosse de 50 à 70 Hz. Il a même ajouté une annulation à 65 Hz (à moins qu’elle ne vienne d’autre chose, comme le plancher surélevé, ou le téléviseur de plus de 100 pouces chez Igor).
• Les impressions d’écoute doivent être complétées par des mesures. Contrairement à ce que je pensais, le grave à 75 Hz n’a pas été amélioré par le traitement. Il est resté le même, seulement à l’écoute il est mieux intégré aux autres registres grâce à l’effet bénéfique du traitement de 80 à 250 Hz. Et non il n’y a pas de trou à 500 Hz chez Igor. C’est chez Bruno qu’il y a une bosse.
• De 1200 Hz à 20000 Hz, la réponse au point d’écoute est exactement la courbe de power response de l’enceinte, avec ou sans traitement, comme on peut le voir en superposant les deux courbes :
Accessoirement, on peut aussi constater que le traitement diminue la « forêt de pics » qu’on voit sur la mesure sweep brute en un point :
En jaune, dans la pièce traitée, les variations brutales sont plus faibles qu’en vert. L’annulation la plus basse à avoir été bouchée est celle de 90 Hz. Le traitement n’a eu aucun effet sur l’annulation à 43 Hz.
Mais cette diminution des variations n’est rien d’autre qu’une image du temps de réverbération, qu’on a déjà affiché plus haut, vu dans le domaine fréquentiel. Les mathématiciens parmi vous savent en effet qu’une variation très brutale dans la courbe de réponse correspond à un étalement temporel très long de la réponse impulsionnelle. Cela n’apporte donc pas d’information essentielle à part une vue plus précise par rapport à la fréquence.
Conclusion
A partir de 80 Hz, le traitement acoustique a permis une réduction drastique du temps de réverbération, ce qui a permis d’améliorer beaucoup l’intelligibilité du message musical : notes bien détachées les unes des autres, registres de l’orchestre bien séparés. Texture des timbres bien détaillée.
De 80 à 1000 Hz, le traitement a permis en outre une linéarisation de la courbe de réponse, qui correspond à l’élimination de l’effet « caverneux » de l’acoustique non traitée. Le creux de 80 à 250 Hz est bouché, la bosse de 250 à 1000 Hz est éliminée.
Au-delà de 1000 Hz, la courbe de réponse de l’enceinte domine. Le traitement améliore toujours grandement l’intelligibilité, mais uniquement par son effet sur la réverbération, et non plus sur la courbe de réponse.
Sous les 70 Hz, le traitement n’a pas eu d’effet.
La localisation dans l'espace est améliorée par le traitement, mais l'écoute en mono n'a pas permis de juger de l'effet sur la scène sonore stéréo.
Un grand merci à Igor et Bruno pour avoir rendu cette comparaison possible.
Son système est optimisé par Jean-Luc Ohl et installé dans une pièce entièrement traitée acoustiquement, dans une maison qui fait partie d’un ensemble résidentiel avec d’autres maisons identiques à la sienne.
Avec Bruno, un voisin également passionné de son, ils ont fait une expérience : écouter la même enceinte dans le salon traité d’Igor, et dans le salon, identique mais non traité, de Bruno. Le résultat fut tellement étonnant qu’Igor m’a invité à venir faire l’expérience.
C’est une occasion exceptionnelle de pouvoir comparer directement deux pièces identiques, de même construction et de même forme (toutes les maisons de la rue sont identiques), une traitée et une non traitée.
Les enceintes d’Igor et de Bruno étant très difficiles à transporter, j’ai proposé d’apporter une Neumann KH-120, un moniteur de studio de proximité, exemplaire de neutralité. Je n’ai pas pu en amener deux avec moi dans le train. Les écoutes se feront donc en mono sur un seul moniteur.
La pièce et son traitement
La pièce fait environ 30 m² pour une hauteur sous plafond en pente qui varie, à gauche de 4,95 mètres et à droite de 5,22 mètres. cela donne un volume de 150 mètres cube.
La distance auditeur/enceinte est de 2.3 à 3 mètres.
Chez Igor, le traitement acoustique consiste en laine de roche + tissu et molleton sur tous les murs.
Epaisseur de 5 cm mur escalier
Epaisseur de 10 cm entre les poutres
Epaisseur de 5 cm murs arrière des enceintes
Epaisseur de 10cm sous le plancher mezzanine
Rideau de 18 Kg (2x 9 Kg) disposé devant la baie vitrés face aux enceintes
Plancher en bois flottant sur mousse 7 mm, 3 tapis et moquette sous tapis
Chez Bruno il y a seulement un tapis, et un rideau plus léger en face des enceintes.
Ecoute en mono chez Igor – salle traitée
Je connais bien la KH-120, puisque je l’ai utilisée dans mon propre salon (très différent de ceux d’Igor et de Bruno).
On écoute donc en mono avec uniquement l'enceinte de gauche, où elle sera plus à l’aise qu’à droite contre la porte vitrée. On note scrupuleusement l’emplacement de l’enceinte pour pouvoir la mettre exactement au même endroit dans le salon de Bruno : 90 cm du mur du fond (derrière l'enceinte), 120 cm du mur de gauche. Point d'écoute à 260 cm du mur de devant (derrière l'enceinte), 275 cm du mur de gauche.
Après avoir écouté quelques morceaux que je connais bien, ainsi que des prises de son acoustiques, dont le Graduel d’Aliénor de Bretagne par Vox Clamantis, enregistré par Igor lui-même, ma première impression est que malgré le traitement, les murs de la pièce imposent la réponse dans le grave, qui est monocorde (registre 75 Hz en avant ?).
Je trouve aussi un manque de chaleur dans le son (registre 500 Hz en retrait ?).
On note une forte localisation de l’enceinte, qui sonne très « mono ». Le son semble bien venir d’une source ponctuelle.
Il y a également une nette différence selon qu’on est exactement dans l’axe, quand l’enceinte est pincée vers nous, ou en dehors de l’axe, avec l’enceinte un peu plus parallèle au mur. Mais sans préférence particulière pour moi entre les deux orientations.
Je passe à deux morceaux test que j’ai préparés pour mettre l’acoustique à l’épreuve.
Blue Planet Corporation – Intrigue (passage de 3:20 à 4:00, les deux canaux downmixés en mono). Son électroniques très secs, très rapides joués en staccato. Au casque, c’est un foisonnement de détails. Dans une pièce comme mon salon, non traité, c’est une bouillie sonore indistincte.
Dans la pièce traitée d’Igor, c’est aussi clair qu’au casque !
Kraftwerk - The Mix - Computerliebe, le passage de 1:00 à 1:07, que j'appelle la "montée des castagnettes". Au casque, on entend un effet de réverbération ajouté d’un seul coup à la fin. Dans mon salon non traité, on n’entend pas du tout cet effet. Le traitement d’Igor est-il suffisant pour le rendre perceptible à nouveau ? Eh bien oui. C’est assez clair.
Je suis bluffé. En passant d’un RT60 de 0,45 chez moi à 0,2 chez Igor, j’ai l’impression que la clarté et l’articulation y gagnent énormément. Les chiffres montrent un TR divisé par deux. A l’écoute il a l’air divisé par 10.
Ecoute mono chez Bruno – même salle non traitée
En entrant dans la pièce, l’acoustique y est immédiatement différente en raison de l’absence de traitement. Nos voix résonnent sous le plafond haut, avec une coloration chaude dans le bas médium.
L’enceinte y est placé exactement au même endroit que chez Igor, on avance le divan pour écouter aussi depuis le même endroit.
Le son de l’enceinte est plus chaleureux. Il n’y a pas ce manque à 500 Hz que j’avais noté chez Igor. Par contre le grave me semble encore plus monocorde. D’ailleurs, dans les deux cas nous avons placé le bass trim du moniteur Neumann à -2,5 dB pour baisser un peu le grave.
L’articulation du message sonore est moins bonne. Les instruments sont entassés les uns sur les autres dans un certain fouillis. Ce n’est toutefois pas si catastrophique qu’on peut le lire parfois au sujet des pièces non traitées.
Mon morceau test Blue Planet Corporation ne passe pas, comme je le prévoyais. Les notes roulent les unes sur les autres dans un flot continu au lieu d’arriver une par une « en mitraillette ».
Mais pour Kraftwerk, j’entends tout de même un peu l’effet de réverb ajouté dans l’enregistrement. Dison que j’arrive à détecter à quel moment il se déclenche.
Réécoute chez Igor, même salle avec traitement
J.S.Bach, messe en si, par la Netherlands Bach Society (de 19:43 à 20:50) : https://youtu.be/3FLbiDrn8IE?si=KPP4Bh1Y6IFUfkig&t=1183
Liu Xing, Reminiscences of Yunnan, par le Hsinchu City Youth Chinese Orchestra (de 8:08 à 10:33) : https://youtu.be/p1wVOyJus_E?si=X4tZO0eKkLFK-vF3&t=488
Sur ces ensembles orchestraux (toujours en mono avec une seule enceinte), le traitement apporte un étagement des registres de l’orchestre. On entend distinctement les cordes et les cuivres, on entend séparément les voix et les cordes.
Sans traitement, chez Bruno, l’orchestre apparaissait plutôt comme un bloc, une masse sonore. Assez belle, particulièrement grâce à la neutralité de l’enceinte Neumann, mais sans texture. Les cordes n’étaient pas frottées, le timbre des instruments à anche passait inaperçu.
Mesures et interprétation
Mesure du temps de réverbération avec un sweep joué par la Neumann, enregistré avec micro Umik-1 au point d’écoute.
Sans traitement :
Avec traitement :
La courbe verte « Topt » est l’estimation du temps de réverbération de la pièce par REW. Il est propre à la pièce et ne dépend pas de l’enceinte ou de la distance de mesure.
La courbe bleu clair est l’Early Decay Time. Il représente la capacité à détacher les notes les unes des autres. Il dépend de la distance de mesure. Plus on est près de l’enceinte, plus il est bas, car le son direct est de plus en plus dominant.
Le Topt (=RT60 estimé) passe de 0,5 à 0,2 secondes, et il devient constant de 300 Hz à 10 kHz
La remontée à 50 Hz se produit dans toutes les pièces.
On voit que le traitement fait beaucoup baisser le RT et l’EDT.
Il s’ensuit un son plus détaillé et articulé, avec moins de réverbération.
Mesure Micro Mobile
Sans traitement :
Avec traitement :
A comparer avec la mesure anéchoïque du moniteur Neumann
Source : https://www.spinorama.org/speakers/Neum ... ippel.html
Cette mesure montre beaucoup de choses :
• Le traitement a résolu les problèmes de courbe de réponse de 80 Hz à 600 Hz. Le creux entre 80 et 250 Hz est remonté, et la bosse de 250 à 600 Hz est neutralisée.
• Le traitement n’a pas eu d’effet sur la bosse de 50 à 70 Hz. Il a même ajouté une annulation à 65 Hz (à moins qu’elle ne vienne d’autre chose, comme le plancher surélevé, ou le téléviseur de plus de 100 pouces chez Igor).
• Les impressions d’écoute doivent être complétées par des mesures. Contrairement à ce que je pensais, le grave à 75 Hz n’a pas été amélioré par le traitement. Il est resté le même, seulement à l’écoute il est mieux intégré aux autres registres grâce à l’effet bénéfique du traitement de 80 à 250 Hz. Et non il n’y a pas de trou à 500 Hz chez Igor. C’est chez Bruno qu’il y a une bosse.
• De 1200 Hz à 20000 Hz, la réponse au point d’écoute est exactement la courbe de power response de l’enceinte, avec ou sans traitement, comme on peut le voir en superposant les deux courbes :
Accessoirement, on peut aussi constater que le traitement diminue la « forêt de pics » qu’on voit sur la mesure sweep brute en un point :
En jaune, dans la pièce traitée, les variations brutales sont plus faibles qu’en vert. L’annulation la plus basse à avoir été bouchée est celle de 90 Hz. Le traitement n’a eu aucun effet sur l’annulation à 43 Hz.
Mais cette diminution des variations n’est rien d’autre qu’une image du temps de réverbération, qu’on a déjà affiché plus haut, vu dans le domaine fréquentiel. Les mathématiciens parmi vous savent en effet qu’une variation très brutale dans la courbe de réponse correspond à un étalement temporel très long de la réponse impulsionnelle. Cela n’apporte donc pas d’information essentielle à part une vue plus précise par rapport à la fréquence.
Conclusion
A partir de 80 Hz, le traitement acoustique a permis une réduction drastique du temps de réverbération, ce qui a permis d’améliorer beaucoup l’intelligibilité du message musical : notes bien détachées les unes des autres, registres de l’orchestre bien séparés. Texture des timbres bien détaillée.
De 80 à 1000 Hz, le traitement a permis en outre une linéarisation de la courbe de réponse, qui correspond à l’élimination de l’effet « caverneux » de l’acoustique non traitée. Le creux de 80 à 250 Hz est bouché, la bosse de 250 à 1000 Hz est éliminée.
Au-delà de 1000 Hz, la courbe de réponse de l’enceinte domine. Le traitement améliore toujours grandement l’intelligibilité, mais uniquement par son effet sur la réverbération, et non plus sur la courbe de réponse.
Sous les 70 Hz, le traitement n’a pas eu d’effet.
La localisation dans l'espace est améliorée par le traitement, mais l'écoute en mono n'a pas permis de juger de l'effet sur la scène sonore stéréo.
Un grand merci à Igor et Bruno pour avoir rendu cette comparaison possible.
Modifié en dernier par Pio2001 le 19 août 2026, 12:20, modifié 1 fois.
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
Bonjour,
Merci pour ce retour d’expérience très intéressant et très bien documenté.
Dommage pour l'absence d'écoute en stéréo qui est quand même un sacré sujet rapport au traitement acoustique.
IL va falloir une saison 2
Rémy
Merci pour ce retour d’expérience très intéressant et très bien documenté.
Dommage pour l'absence d'écoute en stéréo qui est quand même un sacré sujet rapport au traitement acoustique.
IL va falloir une saison 2
Rémy
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
Je partage également cet avis. Il est important de souligner que la Neumann KH-120, étant une enceinte deux voies de petite taille, est principalement conçue pour l'écoute de proximité, idéalement à une distance inférieure à 2 mètres.
Au-delà de cette plage, par exemple à 2,90 ou 3,00 mètres de distance d'écoute, ses performances commencent à être limitées. De plus, la reproduction des fréquences graves en dessous de 70 Hz n'est pas son point fort, surtout dans ces conditions d'éloignement. Neumann recommande d'ailleurs l'ajout d'un caisson de basses (subwoofer) pour optimiser le rendu dans le bas-médium et étendre la réponse dans les basses fréquences. Cela permettrait de pallier cette limitation et d'obtenir une expérience d'écoute peut-être plus équilibrée et complète.
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
Sans compter qu'avec une pièce qui présente un certain nombre d'asymétries comme celle ci, il est intéressant de voir ce que peut apporter le traitement dans la stabilité de l'image sonore en stéréo.
Mais bon je dis ça par ce que je suis un chieur
, ce retour d'expérience tel quel reste très intéressant. 
Mais bon je dis ça par ce que je suis un chieur
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
Merci Pio pour cette approche subjective du ressenti avec et sans acoustique
C’est D’autant plus intéressant que c’est fait dans deux pièces clones ou l’une est traitée et l’autre ne l’est pas.
Ce que tu décris est principalement l’impact du temps de réverbération, plus bas et plus linéaire sur l’écoute chez Igor, comparé à la même maison sans ce traitement.
De mémoire, ça n’a jamais été fait car il faut trouver deux maisons ou deux pièces strictement identiques qui permettent ce test
Je te rejoins dans le ressenti des différences de perçus
Néanmoins, d’une manière générale, l’appréhension globale de l’Acoustique s’effectue tout autant sur la gestion des premières réflexions / diffusion que sur le seul TR.
J’ai pu aussi apprécier l’installation de Igor, très belle écoute largement optimisée par JL OHL.
Les premières réflexions ne sont pas trop un sujet car les enceintes sont bien éloignées des murs.
La salle est assez mate et l’écoute est assez proche de la distance critique
c’est difficile de dire si il y a un impact important dû aux asymétries mais sur l’image stéréo, je n’ai pas trouvé que cela se ressentait.
Pour le grave, il est vrai que c’est plus les dimensions Acoustiques de la pièce qui feront la qualité de la réponse, mais aussi toutes les techniques pour améliorer ou contourner si on peut comme chez Igor en optimisant une petite aire d’écoute, Ce qui est le cas chez Igor car il y a quatre Subs
C’est D’autant plus intéressant que c’est fait dans deux pièces clones ou l’une est traitée et l’autre ne l’est pas.
Ce que tu décris est principalement l’impact du temps de réverbération, plus bas et plus linéaire sur l’écoute chez Igor, comparé à la même maison sans ce traitement.
De mémoire, ça n’a jamais été fait car il faut trouver deux maisons ou deux pièces strictement identiques qui permettent ce test
Je te rejoins dans le ressenti des différences de perçus
Néanmoins, d’une manière générale, l’appréhension globale de l’Acoustique s’effectue tout autant sur la gestion des premières réflexions / diffusion que sur le seul TR.
J’ai pu aussi apprécier l’installation de Igor, très belle écoute largement optimisée par JL OHL.
Les premières réflexions ne sont pas trop un sujet car les enceintes sont bien éloignées des murs.
La salle est assez mate et l’écoute est assez proche de la distance critique
c’est difficile de dire si il y a un impact important dû aux asymétries mais sur l’image stéréo, je n’ai pas trouvé que cela se ressentait.
Pour le grave, il est vrai que c’est plus les dimensions Acoustiques de la pièce qui feront la qualité de la réponse, mais aussi toutes les techniques pour améliorer ou contourner si on peut comme chez Igor en optimisant une petite aire d’écoute, Ce qui est le cas chez Igor car il y a quatre Subs
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
Ce qui serait très intéressant, ce serait d'avoir une RF globalement comparable (Imposant un setting avec un filtre) avec les mêmes enceintes dans ces deux environnements différents.
Bien sur on sait pour les raisons évoquées que le séjour de Igor l'emporterait haut la main sur la qualité d'écoute.
Mais subjectivement ce serait enrichissant car comme le dit l'indien, avoir deux pièces identiques a la base pour comparer c'est hyper rare.
Bien sur on sait pour les raisons évoquées que le séjour de Igor l'emporterait haut la main sur la qualité d'écoute.
Mais subjectivement ce serait enrichissant car comme le dit l'indien, avoir deux pièces identiques a la base pour comparer c'est hyper rare.
1: X-Shape x25/BMS 4540Nd - Wavecor WF223 (Fx 1200Hz) et 2 subs actifs
2: (dort dans le garage) Bi-Radial (1.4 / 18's ND3SN)- JBL 2020H et 2 subs actifs
Filtre: Nuoxun LM848RTS
2: (dort dans le garage) Bi-Radial (1.4 / 18's ND3SN)- JBL 2020H et 2 subs actifs
Filtre: Nuoxun LM848RTS
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
Il est fort possible que le creux autour de 100 Hz sans traitement soit précisément l'effet de la première réflexion sur le mur derrière les enceintes et sur le mur de gauche.
Différence de distance entre les deux chemins pour créer un trou à 100 Hz : 1.70 mètre
Distance de l'enceinte au mur du fond : 90 cm
Distance de l'enceinte au mur de gauche : 120 cm
Le traitement a complètement bouché ce trou dans la courbe de réponse.
Tu es sûr ? J'aurais dit qu'on était en dessous.
Nous n'avons pas écouté au-delà de 80 dB, je pense. La Neumann était largement dans sa zone de confort.etmo a écrit : ↑19 août 2026, 14:59Je partage également cet avis. Il est important de souligner que la Neumann KH-120, étant une enceinte deux voies de petite taille, est principalement conçue pour l'écoute de proximité, idéalement à une distance inférieure à 2 mètres.
Au-delà de cette plage, par exemple à 2,90 ou 3,00 mètres de distance d'écoute, ses performances commencent à être limitées.
Pour le grave, comme on peut le voir sur le graphe, elle descend à 50 Hz, et elle commençait déjà à solliciter la pièce au-delà de ce que le traitement pouvait corriger.
En dessous de 50 Hz elle est limitée, en effet. Mais à ces fréquences là, le placement devient essentiel, plutôt que le traitement, ainsi qu'une correction active.
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
Ah oui, bonne idée. On n'a pas eu le temps de faire cette expérience.Didier a écrit : ↑19 août 2026, 16:30Ce qui serait très intéressant, ce serait d'avoir une RF globalement comparable (Imposant un setting avec un filtre) avec les mêmes enceintes dans ces deux environnements différents.
Bien sur on sait pour les raisons évoquées que le séjour de Igor l'emporterait haut la main sur la qualité d'écoute.
Mais subjectivement ce serait enrichissant car comme le dit l'indien, avoir deux pièces identiques a la base pour comparer c'est hyper rare.
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
80dB ? Tu parles de dBA dBC dBZ sur 125ms ou 1s.Pio2001 a écrit : ↑19 août 2026, 16:41
Nous n'avons pas écouté au-delà de 80 dB, je pense. La Neumann était largement dans sa zone de confort.
Pour le grave, comme on peut le voir sur le graphe, elle descend à 50 Hz, et elle commençait déjà à solliciter la pièce au-delà de ce que le traitement pouvait corriger.
En dessous de 50 Hz elle est limitée, en effet. Mais à ces fréquences là, le placement devient essentiel, plutôt que le traitement, ainsi qu'une correction active.
Si on parle de dBZ c'est effectivement très peu sur de la musique de surtout si chargées en basse fréquences ça fait environ 8 a 10 dB de moins en dBA
Maintenant 80 dB plein bande dans une pièce traité c'est au moins 77dB rien que le champ direct enceinte. Soit 87dB/1m de niveau moyen. Pour être confortable il faut au moins 20dB de plus soit 107dBb/1m en crête. La ça va commencer à faire beaucoup pour 5.5" surtout si bien chargé en basse fréquence.
Personnelle j'ai des actives en 5" deux voies elles n'offrent pas la même qualité que mon système 3 voie plus Sub et pourtant elle sont à 1m dans une pièce traité TR 0.15s.
Pour information :
Ce graphique très parlant vient du glossaire monitoring de chez Neumann. Il sont sans ambiguïté sur la capacité de leur enceintes.
La distorsion d'inter-modulation est très présente sur de la musique. Tout le signal passe par une seule enceinte. Même très bien ce construite ça fait beaucoup.
Modifié en dernier par etmo le 19 août 2026, 22:06, modifié 1 fois.
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
On n'a pas mesuré le niveau sonore. Je dis 80 dB à vue de nez, parce que le niveau était confortable. Quelques décibels en-dessous du niveau de l'orchestre réel, probablement.
Quoi qu'il en soit je repère immédiatement une enceinte ou un ampli qui sature, et le voyant de surcharge de l'enceinte ne s'est jamais allumé. Elle n'était pas dans sa zone de distorsion.
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
Je serais tenté de dire que c'est justement pour cela qu'il serait intéressant d'avoir la comparaison avec la version non traitée.
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
En tout cas ce n'est pas la distance recommandée pour ce type d'enceintes et surtout pas l'enceinte adaptée pour apprécier le grave dans une pièce traitée. Il faudrait un peu plus de surface surtout sous 100hz.
Sur les mesures que tu as faite le traitement a modifié le régime nodal. Les nœuds ne sont plus a la même fréquence et moins nombreux dans la salle traitée. Sauf si vous avez changé le placement du micro ou de l'enceinte. Tu saurais nous sortir le decay?
Ca n'enlève rien sur le reste du test qui permet de comparer très rapidement dans un volume similaire l'apport du traitement. C'est vraiment des conditions exceptionnelles. Un grand merci pour ce partage.
Sur les mesures que tu as faite le traitement a modifié le régime nodal. Les nœuds ne sont plus a la même fréquence et moins nombreux dans la salle traitée. Sauf si vous avez changé le placement du micro ou de l'enceinte. Tu saurais nous sortir le decay?
Ca n'enlève rien sur le reste du test qui permet de comparer très rapidement dans un volume similaire l'apport du traitement. C'est vraiment des conditions exceptionnelles. Un grand merci pour ce partage.
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
Tout à fait, c'est le souci de ces écoutes non comparatives, c'est toujours difficile de sourcer l'origine d'une potentielle amélioration sans isoler le paramètre qui serait à l'origine de l'amélioration.
Ici Pio l'a fait de façon subjective et c'est drôlement bien.
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
Il est clair que 3,5m en radiation directe dans ces conditions acoustiques est en aval de la DC (amont / aval est plus compréhensible sans doute), la mesure de la DC le derait de façon plus précise.
Néanmoins, la DC n'est pas une zone d'écoute stricte, il y a une petite tolérance surtout sur une écoute assez proche sur un petit triangle d'écoute comme ici.
Pour avoir écouté à plusieurs reprises chez Igor, 3,5m passe encore très bien, plus loin commençait à dilue de façon significative le direct.
Pour la surface de traitement, elle est importante puisque tout les murs sont traitées, certe les épaisseurs sont assez faibles par endroit, mais le volume global de traitement reste significatif.
Bien évidement, une étude plus approfondie entre absorption et diffusion permettrait d'affiner, mais ça reste aussi un salon à vivre et l'écoute est plutot pas mal pour une pièce à vivre, ce n'est pas une salle dédiée (salon avec TV qui serait dans cette section du forum : viewforum.php?f=68)
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
Indien a écrit : ↑20 août 2026, 10:04Il est clair que 3,5m en radiation directe dans ces conditions acoustiques est en aval de la DC (amont / aval est plus compréhensible sans doute), la mesure de la DC le derait de façon plus précise.
Néanmoins, la DC n'est pas une zone d'écoute stricte, il y a une petite tolérance surtout sur une écoute assez proche sur un petit triangle d'écoute comme ici.
Pour avoir écouté à plusieurs reprises chez Igor, 3,5m passe encore très bien, plus loin commençait à dilue de façon significative le direct.
Pour la surface de traitement, elle est importante puisque tout les murs sont traitées, certe les épaisseurs sont assez faibles par endroit, mais le volume global de traitement reste significatif.
Bien évidement, une étude plus approfondie entre absorption et diffusion permettrait d'affiner, mais ça reste aussi un salon à vivre et l'écoute est plutot pas mal pour une pièce à vivre, ce n'est pas une salle dédiée (salon avec TV qui serait dans cette section du forum : viewforum.php?f=68)
Re: Ecoute comparative local traité vs non traité avec Igor Kirkwood
Ah oui je n'avais pas compris que tu parlais de la surface des HP.
Le système d'Igor est géré par un puissant filtre actif, un QSC Q-SYS Core 110 f qui pilote aussi 4 Subs en 12", l'installation est donc Multi subs, profite du lissage modal qu'offre ces subs, JL Ohl a même joué avec une gestion des basses fréquences en mode Griesinger.
Mais je pense que tu connais cette install depuis longtemps dont on a longuement parlé à l'époque d'HCFR : https://www.homecinema-fr.com/forum/vie ... bs-ns1000x
Le système d'Igor est géré par un puissant filtre actif, un QSC Q-SYS Core 110 f qui pilote aussi 4 Subs en 12", l'installation est donc Multi subs, profite du lissage modal qu'offre ces subs, JL Ohl a même joué avec une gestion des basses fréquences en mode Griesinger.
Mais je pense que tu connais cette install depuis longtemps dont on a longuement parlé à l'époque d'HCFR : https://www.homecinema-fr.com/forum/vie ... bs-ns1000x